| Cette plante,
Geum heterocarpum pour les connaisseurs, est à
la foi emblématique de ce qu’est une espèce
très rare et de ce que peut occasionner la cueillette,
même à but scientifique.
Pour ce qui est de la rareté, elle n’est connue
en France que de quelques mètres carrés sur
la montagne de Céuse. Pour en retrouver en Europe,
il faudra ensuite se rendre en Espagne où elle n’est
pas plus fréquente, puis en Turquie.
Comme tout ce qui est très rare, cette plante a attiré
les convoitises, et en l’occurrence pour cette plante,
ce sont les botanistes qui ont été les plus
dangereux. De très nombreux spécimens ont en
effet été prélevés depuis sa découverte
par Baptiste Blanc en 1853, à un tel point que la plante
à failli disparaître complètement et qu’il
y a maintenant plus de plantes en herbier que dans la nature.
A.Faure signalait en 1927 qu’il ne subsistait «
qu’une douzaine de plantes réunies sur un espace
de 2 m² environ ». Il est à noter que dans
ce cas, le botaniste est bien plus dangereux que le plus affamé
des troupeaux d’herbivores puisqu’il sélectionne
uniquement les plantes rares …. Heureusement, des mesures
de protection mises en place par l’ONF ont permis de
voir les populations de cette plante s’accroître
notablement. |